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La Brasserie du Mont Blanc est fière de son eau

Les pentes du sommet le plus élevé d’Europe fournissent à la brasserie du Mont Blanc sa principale matière première, à savoir l’eau. De l’eau pure et l’on n’est pas peu fier, à Chambery, de rappeler que les bières maison sont brassées avec celle du glacier, pompée à 2.000 mètres d’altitude, au captage de l’Enchapleuze, avant d’être transportée en camion-citerne jusqu’aux cuves de la rue René Cassin.

C‘est en se souvenant que la vallée de l’Arve (Chamonix) comptait une dizaine de brasseries en 1830, que l’actuel patron de la brasserie, Sylvain Chiron, savoyard de naissance, s’est mis en tête de faire revivre la tradition brassicole savoyarde. Et c’est en 1999 qu’il a ouvert les portes de sa brasserie du Mont Blanc, héritière de la brasserie du même nom, installée depuis la première moitié du 19e siècle à Sallanches mais qui avait fermé ses portes au milieu du 20e siècle.

Cette référence au passé et sa volonté d’ancrage au terroir ne l’empêche pas de considérer qu’il joue un rôle de pointe dans le renouveau du paysage brassicole français. Avec des taux de croissance qui ont progressivement fait passer le statut de sa brasserie du niveau local au niveau régional, national et même international (il vient d’expédier son premier conteneur de bière en Chine). Si aujourd’hui, le logo du brasseur de Chambery affiche « depuis 1830 », ce n’est pas une référence à l’année de création de la Belgique. Pourtant, M. Chiron ne cache pas que son ADN brassicole est quelque peu « belgisant ». C’est en effet grâce à la recommandation de moines cisterciens français qu’il a pu accéder à plusieurs abbayes trappistes en Belgique et y être contaminé par le virus de la brasserie. L’histoire belge ne s’arrête pas là, puisque l’importante brasserie belge Moortgat (Duvel) a été un moment actionnaire à Chambery.

On découvre une intriguante Verte au génépi, que son créateur décrit comme un « impossible mariage de deux notes très amères et un résultat à l’équilibre parfait entre l’alcool, l’acidité, la puissance aromatique et le sucre

La gamme des bières du Mont Blanc -toutes de fermentation haute- se veut éclectique et reflète l’évolution récente du mode de consommation de la bière en France. S’il y a une dizaine d’années, l’amateur de bière français entrait dans un bar pour commander « une bière », il demande aujourd’hui « vous avez quoi comme bière ? », explique Sylvain Chiron. Pour répondre à cette demande du nouveau consommateur, le brasseur savoyard n’a pas lésiné sur l’offre : à côté d’une gamme classique de Blonde maltée, de Blanche aux notes d’orange et de Rousse aux trois malts, on découvre une intriguante Verte au génépi, que son créateur décrit comme un « impossible mariage de deux notes très amères et un résultat à l’équilibre parfait entre l’alcool, l’acidité, la puissance aromatique et le sucre ». Elle voisine, dans une catégorie définie par le brasseur comme « Bières fantaisie », avec une Violette, née d’un mariage entre la violette et les airelles du terroir.

Ce n’est pas tout : le brasseur savoyard vient de distiller ses premières cuves de whisky. Les premiers hectolitres de la précieuse eau-de-vie d’orge malté sont en train de vieillir en fûts. Affaire à suivre…

Elisabeth Pierre, originaire de Franche-Comté, accompagne l’évolution de la filière brassicole depuis plus de 20 ans, et développe la culture bière en France par les formations, les animations et l’écriture. Auteure, Juge internationale, formatrice professionnelle, journaliste, elle est à l’origine avec Paul Walsh du magazine Bières & Mets, dont elle est rédactrice en chef.

  1. Bravo Elisabeth pour cette belle aventure éditoriale. Une nécessité dans le développement du monde de la microbrasserie et de tous les produits qui se frottent à la levure ! Bonne continuation et au plaisir de continuer à échanger sur le sujet !

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