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Malteurs Echos : toujours plus bio, locale et engagée dans la filière brassicole

Rencontre avec Guillaume Bourdon, gérant et co-fondateur de Malteurs Echos. Direction Vernoux-en- Vivarais pour découvrir les nouveaux locaux...

Rencontre avec Guillaume Bourdon, gérant et co-fondateur de Malteurs Echos. Direction Vernoux-en- Vivarais pour découvrir les nouveaux locaux de Malteurs Echos depuis octobre…

Ce mois d’octobre constitue un tournant majeur pour Malteurs Echos. Pourquoi ?
Nous avons démarré l’activité le 15 octobre 2013 à Beauchastel (Ardèche) : il y a deux ans, pour répondre aux besoins de la filière du Sud Est et des brasseurs artisanaux, nous avons pris la décision d’augmenter la capacité de production en investissant dans un outil mieux adapté. Après 2 ans supplémentaires de réflexion et de travaux, nous venons de nous installer avec des équipements plus performants à Vernoux-en- Vivarais, toujours en Ardèche. Nous allons par exemple pouvoir fournir en quantité et qualité toutes nos brasseries sociétaires, et satisfaire les demandes de maltage à façon, de plus en plus nombreuses. La capacité de production pourra atteindre jusqu’à 1200 tonnes à terme.


Avec cette nouvelle capacité de production, quels vont être les changements majeurs ?
En passant de 200 à 850 tonnes de capacité annuelle (objectif 2018), nous orientons ¼ de l’activité sur la distillerie ( il y a de plus en plus de clients en demande, comme par exemple la distillerie du Vercors, le Domaine des Hautes Glaces ou la Distillerie du Drach, mais aussi les distilleries O’Baptiste (Valence) et Moon Harbor (Bordeaux) sur des céréales nouvelles. Pour les brasseurs, nous allons élargir au fur et à mesure la gamme de malts. Actuellement, notre gamme comprend 9 malts dont 5 types de cuisson, (du Pils au Munich30), et on travaille avec 5 céréales (orges, blé, sorgho, maïs, petit épeautre). Notre nouveau bâtiment va nous permettre de partir sur des malts beaucoup plus caramélisés,  jusqu’au Crystal. Notre objectif est de travailler au maximum sur des contrats de vente sur mesure, ce qui demandera aux brasseurs intéressés d’anticiper leurs consommation sur l’année mais leur permettra d’être sûrs d’avoir la gamme et le volume au moment où ils en auront besoin : c’est ça aussi la coopération !

D’où viennent vos clients ?
La majorité de nos clients (plus de 115 au total) se situe sur les régions Auvergne Rhône-Alpes et PACA, mais nous touchons aussi ponctuellement des clients sur Paris, la Bourgogne, l’Alsace ou les Hauts de France. Notre stratégie est d’acheter les céréales à des coopératives et agriculteurs travaillant le plus près possible des brasseurs ou de la malterie. Pour les paysans brasseurs/distillateurs, on malte à façon, c’est à dire que nous proposons la prestation de transformation des céréales qu’ils nous amènent à partir d’une tonne : on fait du sur-mesure à petite
échelle. Pour cela, il nous arrive parfois de mettre en lien des agriculteurs et des brasseurs d’un même secteur pour produire de l’orge brassicole « de terroir » que nous serons en mesure de malter ensuite. Sur la région, nous travaillons majoritairement avec les producteurs et coopératives agricoles de Drôme et d’Isère, et avons mis en place des cultures depuis 2 saisons en PACA et en Auvergne. Nous étudions la faisabilité sur d’autres territoires, en fonction des demandes des brasseurs.

Comment voyez-vous l’évolution du secteur des malteries locales ?
Nous suivons de près les projets et installations, comme celle récente de la Malterie des Volcans en Auvergne, ou celle à destination de la distillerie dans les Vosges. A la demande, nous accompagnons certains projets et envisageons de développer en 2018 un volet accompagnement/formation structuré et en lien avec les projets houblon et les réseaux brassicoles. Notre stratégie est de favoriser une bonne répartition des projets, mais pour que ceux-ci aboutissent il faut avant tout que les brasseurs de ces territoires se positionnent sur une volonté forte d’avoir des céréales et malts produits près de chez eux, avec des prévisions de volumes à 3 ans pour sécuriser les projets.

Qu’en est-il du bio ?
On constate que peu de brasseries clientes sont passées en bio en cours d’activité (comme la Brasserie de la Pleine Lune par exemple) mais que les nouveaux porteurs de projets hésitent moins à s’installer directement en bio, vu qu’ils ont désormais un acteur local adapté à leurs besoins. Tous nos malts sont bios, ce qui permet de fournir tout le monde : environ 40% de nos clients sont en bio / 60 % sont en conventionnel mais achètent nos produits : Il semble que l’intérêt pour le produit local et artisanal dépasse ce clivage.

Quelles sont les perspectives, les tendances ?
Il y a une grosse émergence du maltage à façon. En 2015, notre production à façon était de 40 tonnes, en 2016, 130 tonnes. On prévoit 250 à 300 tonnes de maltage à façon en 2018. Par ailleurs, nous participons activement aux réflexions sur les filières houblon locales, entre autres avec les associations BIERA, Houblons de France ou encore Bières de Provence.

Votre démarche qualité ?
Au dela de la sélection de variété de céréales adaptées à nos terroirs et d’un cahier des charge qualité rigoureux, nous travaillons sur des analyses de nos malts et l’élaboration de nos recettes auprès d’un laboratoire agréé EBC (IFBM/QUALTECH), et menons bien sûr des observations et analyses permanentes en interne ( humidité, températures, brassins conventionnels EBC hebdomadaires…).

Le mot de la fin sur la coopérative ?
Notre modèle économique est celui d’une Société Coopérative d’Intérêt Collectif, qui rassemble à ce jour 144 sociétaires dont 65 brasseries et distilleries. Nos objectifs sont de produire localement du malt biologique, de développer notre activité interne d’insertion par l’Activité Economique, de permettre à chaque acteur de la filière de comprendre les enjeux et de s’exprimer, et bien sûr de favoriser l’émergence de nouvelles malteries artisanales sur les autres territoires. Au-delà de notre aventure d’entreprise, Malteurs Echos, c’est avant tout une aventure humaine.

Malteurs Echos
135, chemin de Bourget 07240 VERNOUX EN VIVARAIS

Tél : 04 75 62 31 89
https://www.malteurs-echos.fr
contact [at] malteurs-echos [point] fr

Photo © « champ d’orges » Grégoire Bouchez
Autres © malteurs echos

Cette native de Montbéliard a découvert les odeurs du malt chaud et de la fermentation en visitant à 11 ans la brasserie de Sochaux. Tombée en passion totale dans les bières et leur univers depuis plus de 25 ans, Elisabeth Pierre a quitté le confort de postes salariés pour créer son activité indépendante de formation et d’animation autour des bières et de la gastronomie. Auteure, formatrice professionnelle en zythologie, juge internationale, elle est à l’origine de ZYMO.

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