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Balthazar, micro-brasserie et bar à Paris

Au comptoir d’un bar, quelque part entre l’arrivée et le départ, le staff et la salle, c’est le spot stratégique pour capter l’ambiance d’un lieu. Billet d’ambiance d’une bière au comptoir.

Devanture blanche, grandes lettres noires, guirlande lumineuse multicolore, le Balthazar vient de s’installer sur le boulevard de Ménilmontant. La promesse est écrite sur la vitrine à la main “Bar à bières artisanales, Vins bio et naturels”. Un petit côté salle des fêtes qui donne envie de pousser la porte. En entrant, on tombe tout de suite sur le grand comptoir le long duquel courent la dizaine de becs qui vont déverser de la bière toute la soirée. Normal, le service est au comptoir, avec Angel en lead ce soir-là. Le service en salle est limité au ramassage des verres vides, donc non coercitif, mais la consommation au comptoir s’accompagne pour le coup de commandes passées par-dessus vos épaules. Le comptoir dessine une trait anguleux, en partant du mur à gauche, le long des becs pour délimiter la salle, se faufile derrière un poteau et se perd au fond de la salle. Si vous aimez les comptoirs, y a de la place pour vous.

L’ambiance globale est très détendue, le service est appliqué, plutôt rapide, et pas obséquieux. Les clients discutent entre eux pendant l’attente au comptoir, échangent leurs avis sur les bières à la carte. Celle-ci présente 9 bières et un kombucha maison, disponibles en galopin. Oui vous pouvez vous réjouir, vous savez bien que petit verre est synonyme de liberté pour goûter plus de bières différentes, sans finir carpette.

L’exploration de la carte démarre avec la Baba Berlin, la Berliner Weisse de la Goutte d’Or, avec une effervescence acidulée qui réveille les papilles sans crisper la mâchoire, et un bouquet de zestes et de citrons frais sous le nez, comme pour vous dire que le printemps n’est pas bien loin.
Suit la Crash Test de Balthazar, annoncée comme une “Belge Grand Cru”. Première bière brassée maison pour être servie au bar, elle a le nez fruité de la fleur d’oranger, des bulles titillantes mais qui laissent le liquide avoir de la rondeur, avec un bon goût de brioche relevée par une pointe de coriandre qui constitue un final en bouche plus végétal, toujours avec cette pointe de sucre qui rallonge le temps de dégustation. La Makkuro, extra porter de Deck & Donohue, complète ce trio de dégustation comme un café après le repas. Douce et amère à fois, puissante au nez et en bouche, elle prend sa place avec des notes de torréfaction, de café frappé, tout en restant subtile.

Un regret : certaines tables, modèle jardin, donc ajourées, ne comprennent pas l’importance de garder un verre droit sur ses pieds. Ces derniers ont tendance à se glisser entre les planches du plateau, manquant de déverser leur contenu sur les pieds gelés et les sacs de courses. Un coup de coeur (parfaitement futile et nous l’assumons) : les toilettes (très propres, déjà) sont réparties non pas suivant deux pictogrammes censés représenter les deux genres sexuels majoritaires sur terre, mais selon la position adoptée. Toilettes debout versus Toilettes assises. C’est factuel, simple et inclusif.

L’ambiance est presque paisible (oui parfaitement), le volume sonore raisonnable permettant des discussions croisées sans extinctions de voix, des bières de qualité servies avec du soin et un sourire sincère, sans personnage surjoué. La déco est foutraque, il y a un growler derrière le bar, qui rappelle qu’on peut acheter de la bière à emporter, deux saucissons qui pendent sur une étagère chargée de sacs de houblon qui côtoient une sculpture presque taille réelle d’un satyre (à examiner de plus près la prochaine fois). Une tête d’âne en mosaïque sur un poteau tourne le dos à un frigo avec un robinet monté sur la porte,. Au fond, les cuves de brassage dorment. Quoiqu’il sera prochainement brassé ici, il sera impératif de venir goûter la production de cette nouvelle micro-brasserie de quartier, du boulevard Ménilmontant, parfaitement normale (pour ne pas dire normcore), parfaitement enthousiasmante.

Pepperine c'est la signature des faits culinaires de Juliette, parisienne-mais-pas-que. Avec mon couteau et mon décapsuleur, j'aime raconter des histoires qui se mangent, qui se boivent, qui se partagent. Des histoires de produits artisanaux, mais surtout des gens qui les font vivre, souvent dans l'ombre, mais toujours avec passion. Pepperine propose des événements food à Paris, des dégustations de bières et des ateliers de cuisine.

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